NARCISSE DUDEVOIR

 

M. Dudevoir a une histoire difficile à reconstituer, du moins à partir des annuaires montréalais, ce qui en fait un personnage assez intrigant.  Il y avait deux Narcisse Dudevoir à St-Jean Baptiste (Montréal) à l'époque des annonces ci-dessous, soit le père et le fils, sur la rue Pantaléon (aujourd'hui Hôtel-de-Ville).  Narcisse Dudevoir sen. apparaît dans l'annuaire de 1875, et il n'est indiqué qu'une seule fois en tant que "pharmacien", en 1887, et herboriste en 1891.  Il est probablement le même que celui mentionné dans la première annonce, ci-dessous.  Il restera apparemment à la même adresse au moins jusqu'en 1901.

Quant à Narcisse Dudevoir jr., il est celui qui proclamait ses talents d'herboriste dans les journaux.  Il apparaît dans les annuaires à St-Jean Baptiste en 1878, 1879 et 1880 en tant qu'étudiant en médecine, à la même adresse que son père.  Il apparaît ensuite en 1881 à Montréal (*), à la même adresse que George Tucker.  On le retrouve sur la rue Pantaléon en 1882, où il sera indiqué comme fabricant de mitaines (!) pendant quelques années.  Il disparaît au début des années 1890, et on n'en retrouve plus trace, du moins à Montréal.  Narcisse Dudevoir jr. semble effectivement avoir décidé d'aller prodiguer sa science et ses bons conseils un peu partout.  Des journaux du Maine et du Massachusetts des années 1890 mentionnent sporadiquement  un canadien du même nom aux cheveux longs, se disant médecin de sang amérindien, et parfois mêlé à des histoires d'agressions et d'abus de confiance.

(*) À noter que le village de St-Jean-Baptiste était indépendant jusqu'à son annexion à Montréal en 1886.  Il fait aujourd'hui partie du Plateau Mont-Royal.

 

 

Le Vido

Cette préparation, ou du moins une du même nom, a aussi été vendue plus tard par la Montreal Chemical Co.

Source : La Minerve, Montréal, 10 juillet 1875.

 

Source: La Minerve, Montréal, 30 octobre 1886.

 

Source : La Minerve, Montréal, 4 novembre 1886.

Retranscription

Racines et herbes, voilà ma devise - Les feuilles de la forêt ont été la guérison des nations. Ne les méprisez pas !  Nous usons de Baumes dont l’efficacité ne peut être mise en doute en conformité envers les lois de la nature et de la vie.  Mes médecines sont tirées des plaines et des forêts, où elles ont été placées par la Providence pour le soulagement de nos souffrances.  Un brin d’herbe, une simple fleur, cueillis dans une prairie, parleront avec une touchante éloquence de santé et de vigueur à l’oreille du pauvre malade.  Décidez vous à me donner une chance de vous guérir.

Racines et herbes sera ma devise jusqu’au tombeau - Faites usage des remèdes Unica qui ne sont faits qu’avec des Herbes, Racines et Écorces, tels que nos grands grands pères ont fait usage et tel que Dieu a donné à ses enfants pour leur guérison.  Je m’adresse aux malades et à ceux qui cherchent la santé, et je promets à tous ceux qui souffrent de maladies ou de malaises, ou que des douleurs torturent, je leur promets, dans les bornes de l’habileté humaine, à guérir, (secours immédiats), et comme conséquence, la guérison, avec mes Tisanes Indiennes « Unica ».

Les maladies qui sont plus efficacement guéries par ces remèdes sauvages sont : l’asthme, la consomption, la bronchite, les personnes sourdes, l’éruption, la gravelle, la paralysie, perte de la voix, perte de sommeil, la diarrhée, l’hydropisie, l’épilepsie, les écrouelles, les hémorroïdes, les enflures, les froids aux pieds et aux mains, dépression nerveuse, faiblesse dans les membres, vers, le catarrhe, maladie de rognons, guaite (???), tic douloureux, mal d’yeux, bile, difformité des membres, erysipèles, danse de Saint-Guy, battement de cœur, plaies occasionnées par les fièvres, douleurs, inflammations des jointures, toux, faiblesse des poumons, goitre, boutons au visage, palpitation de cœur, mal de matrice, etc.

Une attention toute spéciale est donnée à toutes sortes de maladies secrètes, rhumatisme, cancer et le ver solitaire sont traités avec succès.  Le docteur est à visiter le Canada pour le bénéfice du public.

Consultations en français et en anglais gratuite pour tous.

Son pouvoir presque surnaturel a fait l’étonnement du peuple américain qui l’avait surnommé « DOCTEUR SAUVAGE ».

Bon avis !

Allez dans la forêt où le bruit de la circulation ne s’est jamais fait entendre, et observez la force et la vigueur de l’homme sauvage dont la constitution n’a jamais été ruinée par l’usage des drogues empoisonnées.  Quelle différence entre les peuples de ces contrées et ceux des pays civilisés !  Hélas ! nous voyons des centaines et des milliers de nos frères aux visages pâles se traîner avec l’aide d’un bâton ou retenus au lit depuis des années, ou des personnes du sexe moissonnées dans la fleur de la jeunesse et de la beauté et ensevelies dans le tombeau par la maladie aidée de drogues empoisonnées. Oh ! malheureux affligés, quand apprendrez-vous la vraie sagesse !  Honnêtes ouvriers, qui avez dépensé le fruit de durs travaux, années après années pour des drogues empoisonnées, écoutez la voix d’un ami qui connaît le secret des herbes; vous qui avez été étendus sur un lit de souffrances avec la seule perspective d’une tombe prématurée, venez et vos cœurs seront réjouis et heureux, parce que le Professeur des Herbes vous donnera avec la santé la consolation.

Le Professeur des Herbes garantit de guérir toutes les maladies qu’il entreprendra si l’on prend de ses remèdes en quantité suffisante.  Toute correspondance doit être adressée comme ceci : N. Dudevoir, Professeur des Herbes et Plantes Indiennes de Montréal.

 

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