COMMUNAUTÉ DES SOEURS DE LA PROVIDENCE

 

Sirop de Gomme d'Épinette Composé

Les Soeurs de la Providence forment une communauté religieuse encore active aujourd'hui.  Elles ont fabriqué et distribué leur fameux sirop pendant plus d'un siècle.  Un document juridique de 1876 donne des détails quant à l'histoire dudit sirop:

(…) le sirop (que les Sœurs de la Providence) fabriquent et offrent en vente a été continuellement fabriqué par leur maison depuis l’année 1843.  (…) À cette date, une sœur Frigon, pharmacienne de l’Hôtel-Dieu de Montréal, en donna la recette à la sœur Caron, Supérieure actuelle de la Providence; (…) depuis cette date, elles l’ont toujours régulièrement fabriqué en grandes quantités, sous le même nom, et d’après la même recette, jusqu’à ce jour, dans leur établissement, pour l’usage de leurs malades et celui du public; (…) dès ce temps, et toujours depuis, les médecins du dispensaire de la Providence et grand nombre de médecins de la Cité, l’ont régulièrement prescrit dans leur pratique (…) " .

Le sirop fut enregistré en mars 1875; les bouteilles que nous connaissons auraient donc été fabriquées postérieurement.  Avant cette date, les Soeurs vendaient rarement leur sirop.  " La plupart du temps, elles le donnaient; il n’y avait guère que les pauvres à qui il était prescrit; les riches ne l’achetaient pas, on ne le trouvait pas alors dans les pharmacies ", quoique plusieurs médecins influents de Montréal le connaissaient ou le prescrivaient déjà.  La demande pour le sirop augmentait tant et si bien que les Soeurs durent en fabriquer des quantités de plus en plus importantes.  Si elles en fabriquèrent une cinquantaine de gallons en 1863, c'était de 250 à 300 gallons qui étaient produits dans les années entourant l'enregistrement, donc la mise en marché officielle du remède.

En 1876, la Kerry, Watson & Co., propriétaire du Gray's Syrup of Red Spruce Gum, poursuivit les Soeurs de la Providence en justice sous prétexte que leur Sirop de Gomme d'Épinette Composé était une imitation frauduleuse de leur sirop de Gray.  Le jugement fut rendu en faveur des Soeurs.  Le document recèle toutefois des détails intéressants quant à l'aspect des bouteilles de Sirop de Gomme d'Épinette Composé. 

On y apprend que le sirop était " renfermé dans des bouteilles rondes (...) et faites d’un verre très mince ".  La bouteille était insérée dans une boîte carrée qui n'enfermait " la bouteille qu’en partie, de manière à laisser voir tout le goulot et partie du corps de la bouteille ".  Le bec était scellé d'un cachet de cire bleue.  L'effigie qui apparaissait sur la boîte, et sans doute aussi sur l'étiquette de la bouteille, représentait " un autel sur lequel est une Ste. Vierge le cœur entouré d’une couronne de glaives : deux saints sont agenouillés au pied de l'autel. En cercle, au-dessus de cet autel, est l’inscription latine Charitas christi urget nos, et au-dessous les lettres A.P.M. (Asile de la Providence, Montréal).  Le tout est enfin renfermé dans une guirlande de fleurs de lys ".

Une annonce de la pharmacie Laviolette & Nelson donne une liste des autres préparations vendues par les Soeurs de la Providence.

 

Source: Cour du banc de la reine en appel : John Kerry & al., demandeurs en Cour inférieure, appelants, et les Sœurs de l’Asile de la Providence de Montréal, défenderesses en Cour inférieure, intimées – factum des intimées (24 novembre 1876).

 

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