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Wilfrid Bruneau
Historique
Cette compagnie fut fondée par deux Wilfrid Bruneau, le second étant le neveu du premier. Si je n'ai pas d'information sur le fondateur initial, le texte ci-dessous raconte l'histoire de celui qui fut son associé jusqu'en 1938.
Wilfrid Bruneau est né le 30 mai 1908 à St-Georges-de-Windsor. On l’appelait alors « Ti-Frid », afin de ne pas le confondre avec son oncle du même nom. Il a travaillé sur la ferme familiale jusqu’à l’âge de 18 ans. À ce moment, n’ayant que peu d’intérêt pour la terre, il se rendit à Sherbrooke où il devint apprenti plombier. Un an plus tard, il s’exila aux États-Unis, plus précisément à New-Britain, Connecticut, où il travailla dans une manufacture de briques. Il est rentré au pays en 1928 et reprit son travail de plombier.
En 1930, il retourna aux États Unis pour travailler à la construction de barrages, au Vermont. En 1931, sans doute poussé par la crise économique, il rentra à Saint-Georges chez ses parents. Un an plus tard, il se lança en affaires avec son oncle Wilfrid afin de commercialiser un produit : le Sirop de Savoyane ! Il a toujours affirmé avoir mis au point la recette avec son oncle - cela est possible. L’entreprise est florissante. Ti-Frid se promenait d’un village à l’autre pour vendre « le sirop qui guérit tout » : l’anémie, la mauvaise digestion, la fatigue et la constipation. Il vendait bien d’autres choses par la même occasion : des bas de nylon, des « cartes de punch » (sorte de loterie populaire du temps). En prime, il offrait des statuettes de la Vierge, peintes à Saint-Georges.
En 1938, il vendit sa part de la compagnie à son cousin Lionel; c'est alors que celle-ci prit le nom de Wilfrid Bruneau & Fils. M. Bruneau acheta alors la boulangerie d’Edmond Bernard pour la somme de 3700 $. Il livrait le pain sur les deux grands rangs l'été, mais l'hiver, les clients devaient venir le chercher. Il faisait aussi cuire des fèves au lard le samedi. Le reste de sa vie, il fut restaurateur à Montréal, Windsor, Warwick et Asbestos, souvent pour deux ou trois mois seulement, ne refusant jamais un bon profit pour vendre son commerce. Il devint même fabricant de beignes à Asbestos... pour deux mois. En 1951, il acheta son dernier restaurent au Terminus de Sherbrooke. Wilfrid Bruneau le vendra en 1958 lors de la construction de la nouvelle gare d’autobus. Il effectua quelques transactions immobilières et devint rentier. Il est décédé en octobre 1983 à Sherbrooke.
Texte de Bruno-Serge Boucher, petit-fils de Wilfrid.